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Enjeux

Très tôt, l’enfant est intrigué par ce qui fait qu’il est lui et personne d’autre, c’est-à-dire par son identité́. Le principe d’identité́ signifie qu’un être est ce qu’il est et pas un autre. Émettre un jugement d’identité́ est par ailleurs fondamental dans le raisonnement, autant que le sont les jugements de similitude et de différence.
Cela implique de reconnaître que toute personne ou toute chose est exactement ce qu’elle est et pas une autre personne ou une autre chose.
Moi, est-ce ce corps que j’habite?
Est-ce ce regard qui me permet de découvrir le monde et les autres?
Est-ce le regard des autres qui détermine qui je suis?
Est-ce mon esprit, mon âme, ma conscience?
Mon esprit pourrait-il exister sans mon corps, mon corps sans mon âme?
Serais-je ce « tout » que tantôt je contrôle et qui souvent m’échappe?
« Je » pourrait-il exister sans « nous », ces autres qui ont fait de moi ce que je suis?
Suis-je vraiment unique ?

Compétences développées : Définir

Bien qu’il soit très complexe de répondre à une telle question mouvante et évolutive, l’enseignant sollicite ici les élèves afin qu’ils clarifient, définissent leur identité et se considèrent en tant qu’être à la fois unique et singulier, complexe et en devenir. La reconnaissance de ses spécificités propres d’où émergent ses atouts est un préalable bénéfique au renforcement de l’estime de soi.

Définir c’est dire ce qu’une chose ou un être est à partir de ses caractéristiques propres et essentielles (à distinguer des éléments «accidentels» que l’on peut soustraire à la chose sans la dénaturer). Toutes ces caractéristiques déterminent une base générale et commune à laquelle s’ajoutent des variations de signification selon le contexte.
Plus le sens est exploré et approfondi, plus la définition est complète, précise et nuancée. A cette fin, on peut comparer et distinguer l’objet à définir avec d’autres dont il peut être proche sans pour autant être identique. Attention, ces propositions ne sont pas à confondre avec des définitions :

« L’Europe c’est l’Europe » : on n’utilise pas le mot à définir pour le définir lui-même (tautologie).
« L’Europe ce n’est pas l’Amérique » : définir par la négative est insatisfaisant car cela ne dit pas ce que la chose est en elle-même.
« L’Europe c’est la monnaie unique » : un exemple ne suffit pas pour définir car il ne généralise pas.

Pour définir :
L’élève relève les caractéristiques essentielles d’une chose à partir desquelles il propose une définition générale qu’il peut appliquer à différents contextes, générant chaque fois des variations de signification. L’enseignant peut soutenir le travail de définition de l’élève avec ce type de questions :
Quelles sont les caractéristiques essentielles de ce mot?
A partir de celles-ci, comment pourrions-nous le définir (donnons une proposition claire et générale)?
Pensez-vous à des situations où on utilise ce mot?
Quel sens a-t-il alors?