Atelier 1 : Qu’est-ce qu’une question philosophique ?

Une question philosophique

« Penser par soi-même, c’est d’abord se poser des questions. Prenons donc l’habitude de mettre des points d’interrogation à la fin de nos phrases, pour laisser toujours ouverte la méditation et lui permettre de rebondir », Michel TOZZI, Penser par soi-même : initiation à la philosophie, Chronique sociale, 2005, p. 58.

Toutes les questions que posent les enfants ne sont pas philosophiques. Concernant l’Europe, un bon nombre d’entre elles risquent d’être factuelles et prétextes à des recherches via internet, des livres ou documents, manuels, atlas et autres.

Les questions philosophiques qui pourraient être posées concernent d’une manière générale chacun d’entre nous et tout le monde à la fois. Elles ne peuvent recevoir de réponse simple car elles posent problème et demandent réflexion.

Prenons par exemple la question : être libre, est-ce faire ce que l’on veut ?

Spontanément, on aurait tendance à répondre que oui parce que nous assimilons la liberté à une absence de contrainte.

Mais si nous réfléchissons plus loin, nous nous demanderons : à quoi ressemblerait une famille, un groupe, une salle de classe, une société où chacun ferait ce qu’il voudrait ? Ne serait-ce pas le désordre, l’anarchie ? Le risque n’est-il pas que chacun fasse ce qu’il veut au détriment de l’autre ? Que de querelles, conflits et violences en perspective ! Est-ce cela la liberté ? Nous voici embarrassés : nous répondions « oui » précédemment et nous disons à présent « sûrement pas » !

Comment résoudre cette contradiction ? Est-ce qu’une société, régulée par des lois librement consenties, parce que justes, équitables, égales pour tous, ne nous assurerait pas une liberté plus grande qu’une société où chacun ferait ce qu’il voudrait, quitte à léser autrui ou à être lésé par lui ? 

Cet exemple témoigne du fait que répondre à une question philosophique, c’est-à-dire philosopher, nécessite de prendre du recul par rapport aux idées toutes faites, aux préjugés, aux réponses spontanées, faciles et irréfléchies de l’opinion commune.